L'incontinence urinaire de la femme

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Qu’est-ce qu’est une incontinence urinaire ?

L’incontinence urinaire est l’incapacité de garder les urines. 

Il y a différentes formes d’incontinence urinaire : la plus fréquente est l'incontinence d'effort, c’est la perte d’urines lors d’efforts physiques plus ou moins importants. Un premier degré ne concerne que les efforts physiques importants comme l’éternuement, la toux, des efforts sportifs ou autres. Le deuxième degré est la perte lors d’efforts légers comme la marche, la monté d’escaliers etc.. Et au troisième degré les urines sont perdues même sans effort et au repos.

Une autre forme est l’incontinence par impériosités ou urgences avec des besoins extrêmement pressants et fréquents, au point que parfois les patients ne peuvent pas gagner les toilettes à temps. Ces besoins exagérés peuvent être juste une sensation très forte ou accompagnés de fortes contractions du muscle de la paroi vésicale.

Assez fréquemment ces deux formes, l’incontinence d’effort et l’incontinence par impériosités sont combinées. Puis il y a des formes plus rares comme les résidus postmictionnels importants (miction = vidange de la vessie) au point que la vessie est en peu de temps de nouveau pleine .

L’incontinence urinaire sous ces différentes formes est un problème très fréquent atteignant une femme sur trois et un homme sur cinq au cours de leur vie. Elle entrave la qualité de vie plus ou moins gravement, obligeant souvent les patients de changer leur mode de vie, d’abandonner certaines activités et parfois de restreindre leur rayon d’action pour ne pas trop s’éloigner des toilettes. En plus elle cause des dépenses importantes pour lingettes et couches. Malheureusement l’incontinence est rarement un symptôme passager, mais tend à s’aggraver sans traitement. Grâce à une prise en charge conséquente la plupart des patients pourraient être guéris de leur incontinence. Mais pour cela il faut en parler et sortir ce sujet tabou du coin de la honte.

 L’incontinence urinaire n’est qu’un symptôme ! Quelles en sont les causes ?

Les différentes formes d’incontinence ont des causes et facteurs multiples. Si chez l’homme l’incontinence est le plus souvent lié à un problème de la prostate, chez la femme la cause la plus fréquente est la descente d’organe (prolapsus de la vessie, des parois vaginales, de l’utérus). Autres causes peuvent être des troubles neurologiques ou des cicatrices rigides à la suite d’antécédents chirurgicaux.
L’incontinence par impériosités peut être la conséquence d’infections, de calcules vésicaux ou d’autres atteintes de la paroi vésicale, de troubles neurologiques, d’erreurs comportementales ou aussi d’une descente de la vessie.
Un facteur important chez les femmes est la déficience en estrogènes après la ménopause, facilement compensable par un traitement hormonal vaginal.

 Qu’est-ce qu’une descente d’organe?

On parle de descente d’organe ou de prolapsus quand la vessie, le vagin, l’utérus ou le rectum ont tendance à se déplacer vers le bas sous le poids en position debout. Normalement ces organes sont tenus en place par des structures de tissu conjonctif ou musculaires, des ligaments, des feuillets et le diaphragme pelvien. Celui-ci est un large muscle plat fermant la cavité abdominale vers le bas. Toutes ces structures peuvent se relâcher ou déchirer par exemple lors d’un accouchement difficile, mais aussi à la suite d’un surpoids, d’une toux chronique, d’efforts importants ou une disposition particulière. Une descente d’organe ne peut survenir que chez la femme avec exception pour les prolapsus anaux qui peuvent aussi toucher l’homme. Une descente de la vessie s’accompagne fréquemment d’une incontinence urinaire d’effort ou par impériosité, mais pas toujours. Dans certains cas extrêmes la miction peut même être gênée avec une rétention d’urine.

Que faire ?

On peut prévenir!
Il faut éviter le surpoids corporel. Quant aux efforts physiques importants (porter des charges lourdes, certains sports) il faut apprendre comment les faire avec une bonne tenue corporelle et une respiration adéquate pour éviter des dommages corporels.  Après une grossesse  et  a fortiori après un accouchement par voie naturelle une faiblesse du plancher pelvien est normale. Alors une rééducation fonctionnelle dans les suites des couches s’impose.

 On peut guérir aussi !

La très grande majorité des incontinences urinaires est curable, à condition d’une prise en charge conséquente. Ceci implique un diagnostic approfondi, un traitement adapté au cas individuel ainsi qu’une motivation des patients de se prendre en charge eux-mêmes. Comme les problèmes existent en général depuis de nombreuses années, le traitement ne peut pas aboutir en quelques semaines! Les traitements conservateurs devraient être entrepris avant de passer à la chirurgie, à l’exception des prolapsus prononcés qui ne sont accessibles qu’au traitement chirurgical. L’avantage des traitements conservateurs est le manque ou la rareté d’effets secondaires négatifs.

La rééducation fonctionnelle du plancher pelvien constitue le traitement central, aussi bien dans l’incontinence d’effort que dans les impériosités.  Aux exercices de kinésithérapie on associe souvent l’électrostimulation, le biofeedback ou la thérapie avec des cônes ou boules intravaginaux. Des nouvelles méthodes sont la thérapie par champs magnétique et les plates-formes vibrantes.

Un déficit hormonal post-ménopausique peut être traité par une application vaginale d’estrogènes laquelle n’a absolument pas les risques et effets secondaires imputés aux autres traitements hormonaux de la ménopause.

Un surpoids doit obligatoirement être traité ! Déjà la perte de quelques kilos peut améliorer une incontinence urinaire de façon considérable.

L’incontinence par impériosité est assez bien accessible à un traitement médicamenteux, mais avec des effets secondaires parfois gênants.  Une alternative peut être l'application intravésicale. Pour l’incontinence d’effort aussi existe un médicament récent, la Duloxetine. Malheureusement il n’agit qu’aussi longtemps qu’il est pris.


L’application de pessaires vaginaux est un  traitement ancien, mais pas du tout dépassé. Un effet semblable peut être obtenu par l’utilisation de tampons vaginaux à utiliser avec une crème.

La médecine traditionnelle chinoise, en particulier l’acupuncture peut améliorer et même guérir  une incontinence, même de façon prolongée.

Certains proposent des injections de différentes substances sous la muqueuse urétrale. L’effet immédiat est souvent bon, mais trop souvent que de courte durée.


La chirurgie de l’incontinence et des prolapsus a fait de grands progrès ces dernières années, avec de bien meilleurs résultats et moins de risques de complications. Il n’y a pas de traitement standard pour tout le monde et il est important  de proposer une démarche individuelle en fonction de la situation trouvée.  Une descente d’organe devrait être corrigée en un premier temps, assez souvent  l’incontinence urinaire sera ainsi guérie ou améliorée. Pour ceci on propose différentes opérations, par voie vaginale ou par voie haute (comparable à une césarienne), de plus en plus  souvent avec mise en place de filets synthétiques pour renforcer les structures naturelles devenues trop lâches. Pour traiter une incontinence urinaire d’effort isolée et sans prolapsus de la vessie la mise en place de bandelettes synthétiques sous l’urètre s’est imposée depuis une dizaine d’années comme intervention peu invasive (voie vaginale) et très efficace. Mais là aussi comme pour toutes les cures de prolapsus un résultat durable exige la coopération conséquente de la part des patientes avec la poursuite des exercices de kinésithérapie.




En cas d’incontinence d’effort une possibilité ultime est la mise en place d’un sphincter artificiel, intervention lourde et techniquement problématique.

Des facteurs extragénitaux comme p.ex. une toux chronique, un diabète, une maladie nerveuse ou le tabagisme doivent être traités de façon interdisciplinaire.


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